Voir le Rapport conjoint CIRET-AVT / CF2R "Libye, un avenir incertain" - Mai 2011 Voir site du CF2R .

Les auteurs n'y vont pas de main morte et cette absence de langue de bois est réjouissante. Quelques exemples :
La résolution de l’ONU a été votée à partir des informations de cette presse et sans qu’aucune commission d’enquête préalable ne se soit rendue sur place. Il n’est pas exagéré de dire qu’Al-Jazira a créé l’évènement et influencé l’ONU. La guerre médiatique autour de cette affaire rappelle étonnamment ce qui s’est passé dans les Balkans, à partir de 1991, aux dépens de la Serbie.

Ou encore :

Washington veut renverser Kadhafi parce qu’il souhaite clairement bouter la Chine hors de Libye. Pékin a effectué des investissements massifs autour de l’énergie en Cyrénaïque et s'appuie sur ce pays pour satisfaire une partie des ses besoins énergétiques.

Cette hypermédiatisation de la participation française est particulièrement trompeuse et dangereuse. Certes, certains contrats secrets ont déjà été conclus avec les insurgés, mais rien n’assure aujourd’hui que le pari du président Sarkozy de renverser le régime sera tenu. En cas de maintien au pouvoir de Kadhafi, les entreprises françaises se retrouveront dans une position extrêmement défavorable. En cas de partition du pays ou de négociation entre les parties, la France ne pourra jouer aucun rôle d’arbitre tant le ressentiment à l’égard de son président est fort à Tripoli.

Nous sommes convaincus que cet engagement irréfléchi de Paris dans le conflit libyen fait le jeu de Washington, qui laisse Nicolas Sarkozy s’afficher en moteur de la coalition, au risque, en cas d’échec, d’endosser toute la responsabilité de cette affaire. L’attitude plus discrète du président Obama permettra alors aux Etats-Unis de tirer les marrons du feu.